Pendant le festival, une attraction particulière captive l’attention.
« Transports exceptionnels », duo entre le danseur Philippe Priasso, venu de France, et un tractopelle (conduit par Philippe Lamy), tranche par son originalité et sa fantaisie.
Avec une chorégraphie Dominique Boivin.
Tout d’abord, l’impression étrange de venir applaudir un engin. La machine fait son entrée la première, laissant entendre un ronflement camouflé. Personnifiée, elle vient nous saluer. Son partenaire entre en scène et tout deux se penchent comme en signe de respect. Le bras mécanique se déroule tout en douceur. Tout de blanc et de noir vêtu, cet improbable duo s’est accordé pour nous offrir une danse.
Tout est mis en oeuvre pour qu’on oublie que l’un des protagonistes sévit d’ordinaire sur les chantiers, réparer nos routes ou construire nos maisons. Flambant, sans une trace de boue, ses vitres teintées brillent. Le conducteur est totalement occulté mais chacun, du bout des lèvres salut la performance technique de l’homme invisible.
Sur la voix de La Callas, la chorégraphie est gracieuse. L’homme enjambe sa monture, se laisse porter, tête en bas, se cache au creux de la pelle. Parfois il joue comme avec un énorme animal, le pousse, se laisse poursuivre. A la sortie pourtant les avis sont partagés. Mégalomanie, vide sidéral, ravissement et beauté sont les mots qui ont divisés le public.
textes: Fanny Peroz
Photos : Pascal Quinquemoix
Mai 2007

Divers :
06 decembre

