A quatre kilomètres de Saint-Leu, on aperçoit une pancarte indiquant la « Pointe au Sel », chacun se demande ce qu’il y a là-bas mais se surprend à ne jamais s’y arrêter. Par ignorance ou bien tout simplement parce que notre temps est compté. Dorénavant, le site –s’il n’est pas fini d’être aménagé totalement, est redevenu une saline à part entière et produit donc du sel réunionnais de très bonne qualité. A côté des bassins, le Musée du Sel a ouvert ses portes en janvier dernier, installé dans un ancien entrepôt de stockage face à la mer. Il était temps d’y faire un tour pendant ce week-end consacré au patrimoine.
Direction la Pointe au Sel à Saint-Leu. Le sel a toujours été exploité sur cette langue de terre basaltique déchiquetée bénéficiant d’un climat parfait. Du vent mais pas trop, un ensoleillement maximum, très peu de pluie et une mer des plus salées au monde. On l’appelle aussi pointe de Bretagne car les marins bretons y débarquèrent au 17ème siècle. A la Réunion, il existait jadis quatre sites de fabrication de sel : la Saline, Grand-Fond à Saint-Gilles, L’Etang-Salé et Saint-Leu.
Sur cette pointe, les gens des hauts venaient fabriquer leur sel dès qu’ils en avaient besoin en déversant dans des feuilles de palmiste l’eau déposée par les tempêtes dans les anfractuosités de la roche. Deux jours au soleil suffisaient alors à la récolte. L’histoire des salines vous est contée au début de la visite dans un film de quinze minutes. Dans une salle aux parfums d’antan on nous rappelle quelques savoirs essentiels : les marais salants existent depuis le Néolithique soit il y a plus de 6000 ans ou encore les méfaits d’une alimentation trop riche en sel.
La configuration actuelle du site date de 1942 avec vingt trois bassins et une surface totale de deux hectares. Pour Sonia Ribes, conservatrice du muséum d’Histoire Naturelle, la réhabilitation du site permet d’abord l’appropriation de l’Histoire par chaque Réunionnais. Des travaux sont prévus pour l’accueil des visiteurs : « à terme, il y aura un sentier d’interprétation dans la végétation pour évoquer l’adaptation des plantes au milieu salé mais aussi deux autres bâtiments construits dans le même état d’esprit et un kiosque en hauteurs pour avoir un aperçu sur toutes les installations ». L’accès, pour le moment encore un peu chaotique, va être rénové, un parking tout neuf verra le jour ainsi qu’un aménagement paysager.
Le musée travaille en étroite collaboration avec l’Office du Tourisme de Saint-Leu et une convention lie ce dernier au muséum d’Histoire Naturelle et le Conseil Général. Musée et salines se justifient l’un l’autre pour le plus grand bonheur des visiteurs qui ouvrent non seulement une page d’Histoire mais découvrent aussi un outil pédagogique adapté aux plus jeunes.
Dehors une équipe de six sauniers se relaient pour recueillir le sel, surveiller le déversoir, entretenir les bassins, en particulier celui qu’on appelle
« la nourrice » juste avant les cristallisoirs qui donneront, suivant le temps d’attente, sel fin, gros sel ou fleur de sel.
Texte : Fanny Peroz, photos : Alexis Mazel
Septembre 2007
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Expositions :
28 aout 31 aout

