Le centre de Saint-Philippe abrite depuis 1996 un musée familial, œuvre d’un passionné du passé de la région. C’est dans l’une des cinq premières maisons du village que vous découvrirez une multitude d’objets d’antan : outils, lampes, monnaies, documents officiels, objets du quotidien… Ils datent du début du 18ème siècle jusqu’au milieu du 20ème et retracent l’histoire des premiers colons à la Réunion.
« Saint-Philippe devient une commune à part entière en 1830 et on lui donne le nom du roi de l’époque ». Ainsi débute l’histoire de cette région racontée par Raphaël. Ancien militaire, il a exercé plusieurs métiers après son arrivée sur l’île dans les années soixante-dix.
Marié à Jacqueline, dont la famille a toujours vécu au village, il s’est très vite intéressé au patrimoine. Grâce aux relations forgées pendant toutes ces années, il a pu récupérer ou acheter toutes les merveilles disséminées avec soin dans l’ancienne demeure, édifiée vers 1850, l’une des cinq premières maisons.
Au dehors, c’est l’histoire de l’acheminement de l’eau, des usines sucrières ou encore de la distillation du vétiver et du géranium que le visiteur écoute, surpris par l’ingéniosité de ces hommes qui vivaient dans une époque si rude.
Notre guide insiste sur ce point : « on se débrouillait toujours pour arriver à ses fins. Regardez cette bouteille en verre, à l’époque il n’y avait pas de diamant pour la découper ; et bien on utilisait la différence de température pour la faire sauter. Et rien n’était perdu. L’eau distillée servait de vermifuge et les feuilles de vétiver finissaient en petits objets tressés ».
L’écomusée c’est aussi un éventail d’explications sur la vie quotidienne durant toutes ces époques traversées par la région. Et un parterre d’objets étranges à nos yeux… La collection de lampes comprend une bien curieuse chandelle.
Des baleines de parapluie sur lesquelles sont embrochées une sorte de noix, de la noix de bancoulier, si grasse qu’elle peut se consumer doucement et l’écoulement allumait la noix suivante pour éclairer un maximum de temps ! Le garde-manger, fiché dans une pierre, était protégé des insectes par une rigole taillée dans cette roche volcanique remplie d’essence.
Entre les documents officiels sur le prix du pain ou encore le nombre d’esclaves par famille, un espace est dédié à la monnaie en circulation sur l’île de France et l’île Bourbon, le CFA.
Au milieu des pièces et des billets de toutes tailles et formes, le maître des lieux attire notre attention sur l’une d’elle : « celle-ci porte le nom de Trébuchet. C’est elle qui a donné l’expression encore usitée, des espèces sonnantes et trébuchantes ». Une autre expression prend encore tout son sens grâce aux explications de ce passionné, ravi de partager son savoir.
Une arme ancienne au mur se portait grâce à une « cuillère à peau », morceau de cuir en forme de cuillère qui protégeait la main du tireur. De là est née le terme que tout le monde connaît : « d’un coup de cuillère à peau »…
Infos pratiques :
L’écomusée se trouve sur l’artère principale de Saint-Philippe et est très bien indiqué.
La visite guidée est possible du lundi au samedi de 9h à 12h et de 14h à 16h30. Les dimanche et jours fériés sur réservation.
Si vous êtes nombreux mieux vaut réserver dans tous les cas. Le voyage dans le temps dure environ une heure trente, il vaut mieux éviter avec les tout petits.
Tel : 02 62 37 16 43 ou 02 62 37 12 98
Tarifs : 5 euros adulte, 2 euros pour les moins de
12 ans.
Texte et photos : Fanny Peroz
Septembre 2007.

Expositions :
28 aout 31 aout

