A découvrir à l’espace bar du Séchoir, avant ou après un spectacle, une exposition du photographe Charles Delcourt. Elle est issue d’une exposition collective de photographes malgaches et réunionnais réunis à la mairie de Saint-Denis l’année dernière.
Trait d’union entre les deux îles, une quinzaine de photographies en noir et blanc sont regroupées en diptyque ou triptyque sur des thèmes choisis en commun.
Le jeune homme, fidèle à sa manière d’appréhender les choses, fait presque toujours intervenir un personnage.
Comment est née cette exposition ?
Cela s’est passé à la première rencontre photographique de l’Océan Indien à Madagascar. Suite à cela nous a voulu (avec les autres photographes réunionnais) organiser quelque chose avec les photographes malgaches (Pierrot Men, Abe, Maksim Seth) avec qui nous nous sommes bien entendus. Nous avons choisis ensemble les thèmes et les photographies pour que nos travaux se complètent. J’avais déjà de la matière et puis j’ai complété ensuite.
Pour le Séchoir, ils m’ont proposé et j’ai accepté. Ce sont des photographies de Madagascar et de la Réunion, chaque diptyque ou triptyque évoque un trait de l’un des pays.
Quel est votre parcours ?
Je suis paysagiste à la base et je suis à la Réunion depuis 2001 donc à force je connais des gens, certains m’ont permis de travailler. Pour le magazine Kwélafé, un peu de publicité, des photos d’architecture par rapport à mon ancien boulot. J’essaye de faire un maximum de choses pour la presse. Il y a les commandes et puis à côté je bosse mes petites séries tranquillement. J’aime aborder les sujets sociaux ou de société, j’aime faire des photographies simples à lire : une personne, une info… J’ai un style un peu épuré, ce ne sont pas des photos à histoires. On peut dire que j’aime montrer un « non - événement » mais pas complètement neutre…
Choisissez-vous vos personnages ou bien ce sont eux ?
J’ai plusieurs manières de faire. Il y a des endroits que j’ai repérés avec une belle lumière par exemple. Parfois aussi je vais quelque part et j’attends qu’il se passe quelque chose, je peux rester une demi-heure avec l’appareil à la main. Et puis bien sûr j’ai souvent l’appareil avec moi, je reste en éveil et si quelque chose ou quelqu’un m’interpelle je ne cherche pas à comprendre, j’appuis. Dans tous les cas ça marche comme j’ai envie, un peu au gré des balades. Et puis je choisis le format, la couleur ou le noir et blanc en fonction de la photo, c’est le sujet qui impose le choix.
Que pensez-vous apporter de neuf par rapport aux autres photographes de la Réunion ?
Il y a beaucoup de photographes qui travaillent à l’instinct mais beaucoup aussi ont leur domaine de prédilection. La différence est dans le moyen de traiter l’image, chacun à sa façon bien à lui de voir et de montrer, même lorsque le sujet est le même. Pour ma part je fais beaucoup de recherche sur le cadrage, pour harmoniser toutes les images. Si on regarde bien elles ont toutes un point commun, il y a toujours un personnage. En général je choisis un objectif qui correspond à ce que l’œil voit, ce qui correspond plus au réel. Mais toujours des scènes esthétiques, curieuses ou interlopes, ce sont pour moi de drôles de secondes qui se baladent et qu’il faut arriver à choper.
Propos recueillis par Fanny Peroz - Juin 2007
Info pratique :
Le Séchoir
125 av du général Lambert, montez direction Piton Saint Leu, c’est à côté du cimetière.
Vous pouvez consulter le blog du photographe : charlesdelcourt.canalblog.com

Divers :
17 septembre 21 septembre

