Ile de la Réunion
Runweb.com

  Jeudi 17 mai 2012
| Trouvez dans notre guide
FR
ES
EN
CN
Le guide
de votre voyage
Ile de la Réunion
      Partager Partager       Envoyer à un ami  Imprimer  Ajouter aux favoris    Facebook  Twitter    Signaler un bug ou une erreur

Données historiques

Les travailleurs immigrés

La suppression de l'esclavage ne pouvait que nuire à l'économie sucrière de La Réunion qui ne pouvait supporter des coûts de main-d'oeuvre importants. C'est pourquoi, dès 1817 (au moment d'un autre de ces essais d'abolition), les grands propriétaires terriens de La Réunion compensèrent la diminution des esclaves par une importation d'engagés et de travailleurs immigrés volontaires, tous rémunérés, originaires de différentes régions de l'Inde, puis de la Chine. Rappelons que la France contrôlait des comptoirs commerciaux indiens dans les villes de Pondichéry, Chandernagor, Yanaon, Karikal et Mahé; ces comptoirs ont fourni quelques milliers d'engagés dans les colonies françaises de l'océan Indien: île Maurice, île Rodrigues, La Réunion, les Seychelles et les Comores.
En 1848, lors de l'abolition de l'esclavage, les engagés indiens et chinois étaient déjà plus de 6500 à La Réunion. À l'exemple des grands propriétaires de l'île de France (Maurice), ceux de La Réunion avaient fait d'abord appel à des travailleurs libres venus de l'Inde.
Ceux-ci étaient réputés être dociles, mais l'expérience s'avéra décevante, les Indiens préférant se livrer au vagabondage plutôt que de travailler dans les plantations.
Vers 1843, l'introduction de ces travailleurs indiens était à son plus bas, car les propriétaires réunionnais ne voulaient plus de leurs engagés indiens qui, selon eux, se battaient, volaient et travaillaient mal. Il faut signaler que ces « engagés » étaient peut-être officiellement libres, mais ils ont longtemps été traités comme des esclaves.
On comprend dès lors pourquoi les Indiens ont refusé de perpétuer la condition d'esclave. Le gouvernement de La Réunion décida donc de faire appel aux Chinois. Ceux-ci arrivèrent dans la colonie peu de temps après la promulgation de l'arrêté de 1843.
Le contrat d'engagement prévoyait des frais pour le retour des Chinois à la fin de leur contrat d'une durée de cinq ans. Voici ce qu'on prescrivait au sujet de la langue :

" Les contrats d'engagement seront reçus par M. le Consul de France et devront être rédigés en langue française et dans une langue connue par les engagés afin qu'ils puissent bien comprendre toutes les clauses. "

Ces travailleurs pouvaient aussi être employés « au service du gouvernement », que ce soit dans la confection des routes, la construction des ponts ou des édifices publics, les services dans les hôpitaux, arsenaux et autres établissements publics.
Selon les planteurs, les Chinois étaient réputés plus robustes, plus intelligents et «bien plus civilisés» que les Indiens.
Cependant, une fois familiarisés avec le français et le créole, les Chinois ont vite abandonné, eux aussi, les durs travaux manuels de la canne à sucre et ont refusé de travailler. Ils ont ainsi suivi l'exemple des Chinois de l'île Maurice: ils se sont lancés dans le commerce et certains ont ouvert de petites boutiques.
À cause de tous ces problèmes, un arrêté du 2 juillet 1846 interdit l'introduction de nouveaux travailleurs chinois. Aujourd'hui, les Réunionnais chinois exploitent la plupart des commerces alimentaires et ont, bien entendu, ouvert de nombreux restaurants.
Comme les Blancs étaient fort déçus des engagés indiens et chinois, il ne restait plus qu'à faire encore appel à des travailleurs africains.
Les autorités politiques abondèrent dans le sens des propriétaires blancs: les Africains étaient «les seuls» qui pouvaient s'adapter à l'activité sucrière. Les planteurs blancs demandèrent l'autorisation de pouvoir recruter de nouveaux travailleurs engagés d'origine africaine.
Pour les Réunionnais, il semblait qu'aucune race « ne peut utilement remplacer la race noire » dans l'exploitation agricole. Le total des engagés, toutes races confondues, ne dépassa jamais les 6500. Par la suite, la prospérité économique demeura bien relative. Alors que les grands propriétaires blancs dominaient 120 sucreries et employaient 25 000 travailleurs, les «ouvriers de couleur» vivaient dans la misère et étaient poussés vers l'alcoolisme. En 1870, la création du canal de Suez en Égypte eut pour effet d'écarter l'île de La Réunion (et l'île Maurice) de la route des Indes, ce qui en aggrava la situation socio-économique. Au cours de cette décennie, le gouvernement français fit appel à de nouveaux travailleurs: les Indiens musulmans. Ces derniers venaient essentiellement de Bombay et de l'État du Goujarat.
Il seront appelés Zarabes, bien qu'ils ne soient pas arabes; les Réunionnais les ont probablement confondus avec les Arabes qui sont généralement de religion musulmane, ce qui est plus rare pour un Indien. Ensuite, La Réunion sombra lentement dans l'oubli, car, à partir de 1880, le gouvernement français porta tout son intérêt sur Madagascar.
La population réunionnaise avait atteint les 182 637 habitants en 1926. La colonie vivota jusqu'à la Deuxième Guerre mondiale. En 1945, La Réunion était pratiquement ruinée.