Ile de la Réunion
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  Jeudi 17 mai 2012
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Ile de la Réunion
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Données historiques

L'occupation anglaise

En 1810, les Anglais envahirent l'archipel des Mascareignes après avoir occupé l'île Rodrigues l'année précédente, s'emparèrent de l'île de France (Maurice) et, le 7 juillet 1810, débarquèrent à l'île Bonaparte (La Réunion), plus précisément à Saint-Denis.

Le nouveau commandant, Sir Farquhar qui, comme tous les Anglais de l'époque, détestait Napoléon, s'empressa de débaptiser l'île qui reprit son nom de Isle of Bourbon. Quant à l'île de France, elle retrouva son ancien nom: Mauritius.
L'occupation anglaise dura cinq ans à l'Isle of Bourbon et se révéla généralement négative pour les Réunionnais.
D'ailleurs, durant l'occupation anglaise, les esclaves se soulevèrent et plusieurs Blancs furent tués. Après la défaite de Waterloo, les diplomates français réussirent à faire inclure, dans les clauses du second traité de Paris du 20 novembre 1815, non seulement la rétrocession à la France des îles Saint-Pierre et Miquelon, mais aussi de l'île Bourbon.
Quant à l'île de France (Maurice) et à l'île Rodrigues, elles restèrent dorénavant anglaises.
En somme, l'occupation anglaise aux Mascareignes aura été à l'origine de la séparation du destin des trois îles en deux entités politiques distinctes: l'île de France (Maurice) et l'île Rodrigues devinrent anglaises, alors que l'île Bonaparte - qui avait repris le nom de Bourbon - redevint française, ce qui en fit le seul territoire sous administration française dans cette partie de l'océan Indien, car l'archipel des Seychelles était passé aux mains des Anglais.
Cependant, plus près de l'Afrique, l'archipel des Comores et l'île de Madagascar restèrent sous souveraineté française.

L'abolition de l'esclavage

L'abolition de la traite des esclaves fut décrétée par les États-Unis en 1807 et par la Grande-Bretagne en 1808. En France, bien que Louis XVIII eût rétabli la Constitution de 1763 ainsi que l'esclavage, il dût se résoudre à l'abolir le 8 janvier 1817. En 1818, l'île comptait 16 400 Blancs, 3496 affranchis et... 70 000 esclaves.
Il n'en demeure pas moins que l'importation d'esclaves cessa pratiquement après 1817, même si la pratique de l'esclavage continuait.
D'ailleurs, devant les besoins de main-d'oeuvre, les grands propriétaires de l'île commencèrent en 1828 à recruter des " engagés ", c'est-à-dire des travailleurs libres recrutés en Inde, puis en Chine, pour une période déterminée et contre rémunération.
Lors de l'abolition effective de l'esclavage en 1848, les travailleurs indiens et chinois seront déjà au nombre de 3000.
Un autre problème surgit à ce moment-là: la paupérisation des Blancs. Graduellement dépossédés de leur terre et ruinés, les petits propriétaires de La Réunion commencèrent à former une nouvelle classe sociale, celle des Blancs «pauvres».
Le sort de ces « petits Blancs » devint la principale préoccupation des administrateurs lors la première moitié du XIXe siècle.
Devant le manque de solution, beaucoup de ces « petits Blancs » se retirèrent dans les montagnes pour vivre en toute liberté comme bon leur semblait, un peu comme les esclaves marrons et un peu également comme les « coureurs des bois » au Canada sous le Régime français. L'abolition de l'esclavage devint définitive lorsque le sous-secrétaire d'État à la Marine chargé des colonies, Victor Schoelcher (1804-1893), d'origine alsacienne, fit adopter le décret d'abolition de l'esclavage du 27 avril 1848.
En tant que membre du gouvernement (provisoire), Victor Schoelcher choisit le receveur général des Finances, Joseph-Napoléon Sarda-Garriga (1808-1877), pour occuper le poste de commissaire général de la République à l'île Bourbon. Arrivé le 13 octobre 1848 à l'île de La Réunion, Sarda-Garriga fut chargé de préparer l'abolition effective de l'esclavage; l'Assemblée coloniale lui demanda de reporter l'application du décret à la fin de la campagne sucrière.
Sarda-Garriga refusa, promulgua le décret le 19 octobre, mais fixa au 20 décembre la date de l'émancipation des esclaves.
Au moment de la proclamation officielle de l'esclavage, 60 318 habitants sur 108 829, soit 55 % de la population, recouvrèrent la liberté.
Entre-temps, soit le 6 septembre 1848, l'île avait repris définitivement le nom de La Réunion. Devenu célèbre dans toutes les colonies françaises, Victor Schoelcher revendiqua aussi l'application du droit commun partout et même la départementalisation pour la Martinique, la Guadeloupe, la Guyane française et La Réunion, mais il échoua sur cette question; on sait que les quatre colonies ne deviendront des départements qu'en 1946.
Bien sûr, au terme de cette douloureuse période, la colonie réunionnaise s'était majoritairement peuplée d'habitants noirs et la langue maternelle de tous était devenue le créole réunionnais. Cependant, contrairement au créole martiniquais et guadeloupéen, le créole réunionnais a largement emprunté aux langues malgaches ; C'est pourquoi celui-ci est sensiblement différent des créoles antillais (Guadeloupe, Martinique, Dominique) en ce qui a trait au vocabulaire de base.
C'est vers les années 1840 seulement que les Noirs furent christianisés par l'Église catholique. Auparavant, les Noirs étaient certes baptisés, mais pour ensuite être laissés à eux-mêmes ; Par ailleurs, beaucoup de prêtres possédaient des esclaves.
Enfin, l'année 1848 ouvrit la voie au métissage de la population. De nombreux mariages entre Blancs et esclaves (interdits avant 1848) furent légalisés entre 1850 et 1860. À partir de cette période, les mariages interraciaux se sont à ce point multipliés qu'ils sont devenus la norme.
Parmi les épouses potentielles, on trouve des Malgaches et des Indiennes, mais aussi des métisses indo-portugaises venues du comptoir commercial de Goa (sous administration portugaise). Désormais, il n'y eut plus à La Réunion de cloison étanche entre Blancs, Métis et Noirs. Néanmoins, la France imposa à La Réunion comme dans toutes ses colonies le Code de l’indigénat qui correspondrait aujourd'hui à une autre forme déguisée d’esclavage des populations autochtones en les dépouillant de toute leur identité.
Grâce aux pratiques discriminatoires imposées par le Code de l'indigénat (en vigueur de 1887 à 1946), les Blancs continuèrent de jouir de privilèges considérables.