Nichée entre le Piton des Neiges, la Plaine des Palmistes et le Cirque de Salazie, à environ 1300 m d’altitude, la forêt de Bébour-Bélouve est une forêt cathédrale. Dans les sentiers qui la sillonnent, le promeneur se retrouve sous les voûtes massives que forment les immenses bras des tamarins des hauts. Lumière magique, atmosphère mystérieuse et envoûtante sont les termes qui caractérisent la forêt originelle de Bébour-Bélouve.
Au sol, dans un savant fouillis, de multiples lianes et racines s’entrecroisent. Nature grandiose, luxuriante, exubérante définissent les forêts d’altitude de la Réunion. Bébour-Bélouve est celle qui reflète le mieux les sens de la forêt, on y perçoit l’esprit des lieux, brouillard du crépuscule, brume de l’après-midi, l’atmosphère fantastique de ces lieux peut surgir à tout moment.
Spectacles sensoriels à souhait, chants d’oiseaux pour l’ouie, panoramas grandioses pour la vue, spirales veloutées de fanjans ou « crosses l’évêque » pour le toucher, et un subtil mélange d’odeurs de cryptomerias et d’orchidées.
On y trouve la végétation d’altitude, tamarin, mapou, catafaille, mahot, mais aussi bois maigre, tan rouge, goyave marron. Très caractéristiques sont les troncs tortueux des tamarins sur lesquels se tapissent mousses, lichens, orchidées, fougères. Ces nombreuses espèces rampent sur les troncs pour capter la lumière filtrant difficilement dans cette végétation très dense. Parmi les arbres remarquables, il faut noter les fougères arborescentes, dont l’une d’origine australienne menace les deux variétés endémiques par son caractère
envahissant et étouffant. Tamarinaie naturelle et tamarinaie exploitée se côtoient. Le tamarin des hauts, bois noble, est un matériau local de construction et d’ébénisterie locale. Il est un des symboles de l’artisanat créole. La menace principale qui pèse sur cette forêt est la vigne maronne, espèce envahissante. Cette forêt est représentative des vestiges de la forêt primaire telle qu’elle a existé il y a des centaines de milliers d’années. Fouler les sentiers de Bébour-Bélouve c’est découvrir une forêt primaire dont la diversité biologique résulte d’un processus de diversification et d’adaptation multi-séculaire. Bélouve vient du mot malgache, « be lova » qui signifie grand héritage. Un héritage précieux, à protéger et à découvrir.
Textes et photos : Pascale Kouassigan-Jubin
Où dormir ? > Le Gîte du Pic des Sables. Rue Henri Pignolet à la Plaine des Palmistes.
Tél.: 0262 51 37 33.
> Le Gîte de Belouve. Sentier de Bélouve.
Tél.: 0262 41 21 23

Divers :
12 juillet

