A la Réunion, de nombreux arbres revêtent une connotation utilitaire, religieuse, spirituelle, voire mystique : tamarin, jacaranda, cocotier, bambou, frangipanier, manguier, flamboyant, plantane, fanjan, vacoa, goyavier… endémiques ou non, la liste est longue.
Les ethnobotaniques admettent que la nature est une projection de l’imaginaire social, on dit même qu’elle est un « miroir social ». Le religieux, la médecine traditionnelle, l’écologie, la gastronomie tout dépend dans quel registre on se situe. Parmi les plus représentatifs dans l’imaginaire populaire, qui évoquent à la fois le patrimoine culturel et naturel on peu citer le tamarin des hauts, les fanjans, les vacoas…
Le bambou est utilisé comme tube pour contenir de l’eau dispersée durant les cérémonies des communautés malbars, originaires d’Inde. Le bois de senteur blanc devenu très rare à la Réunion possèderait des pouvoirs de guérison.
On confère au flamboyant des origines géologiques très lointaines. C’est l’arbre aux fleurs rouge feu qui, avec le letchi représente dans la tradition populaire, le temps de Noël. Il est d’une fascinante beauté. Une autre espèce fleurie en mars-avril, les pétales des fleurs sont alors de couleur orange.
Les fougères ont constitué les premières forêts du globe. Les fanjans, appartenant à cette famille, comprennent trois espèces endémiques de la Réunion et une d’origine australienne considérée comme envahissante. Cette fougère est présente dans les forêts humides de moyenne et haute altitude et peu atteindre jusqu’à dix mètres de hauteur.
Le tamarin des hauts au tronc tortueux et imposant est présent dans les forêts à partir de 1200 m d’altitude. Les massifs de tamarins les plus importants se trouvent dans les forêts de Bébour, Bélouve et des Bénarès et à la Plaine des Fougères et des Tamarins de Mafate. Le tamarin est utilisé en ébénisterie pour confectionner meubles, objets de décoration, mais aussi pour fabriquer toitures et parquets. Le natte petit ou grand, présent notamment dans la région de St-Phillipe est également prisé en menuiserie et ébénisterie.
Dans le domaine de la gastronomie, le goyavier donnant un petit fruit rouge, bien que considéré comme espèce envahissante par les scientifiques, est très utilisé pour produire confitures, sirops, sorbets, pâtes de fruit… figurants des délices de la table réunionnaise.
Texte et photos: Pascale Kouassigan-Jubin
D’après J-F Sam-Long et documents ONF

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06 decembre

