La spécificité d'un pays ne réside t'elle pas dans la richesse des cultures, ethnies, bref des habitants qui la composent ? Et là, à la Réunion, nous sommes gâtés, l'île est devenue un véritable kaléidoscope de races et d'ethnies différentes cherchant à préserver leur identité par la pratique de leurs cultes : Créoles, Européens (chrétiens), Mozambicains, Mahorais, Musulmans de l'Inde (Musulmans), Chinois (Confucianistes, Taoistes ou Bouddhistes), Tamouls (Hindouistes)... Tour d'horizon...
Avec 71 paroisses, 185 églises et chapelles, 120 prêtres, l’Eglise réunionnaise est présente sur toute l’île et ce depuis la découverte de l’île Bourbon avec les prêtres de passage. Alors que la Métropole compte environ 50% de catholiques dont seulement 8% vont à la messe, la Réunion, selon un sondage CSA publié en 2007, compte 80% de fidèles. Que ce soit la Sainte-Agathe à la Plaine des Palmistes, la fête de la Salette à Saint-Leu en l’honneur de Notre-Dame-de-la Salette, les pratiquants n’hésitent pas à se regrouper par dizaine de milliers. La nomination par le pape Paul VI en 1975 du premier évêque réunionnais Mgr Gilbert Aubry, homme du rassemblement, suscite tous les jours respect et fierté de la part des catholiques réunionnais. L’évêque de la Réunion est aussi un poète, un ex-journaliste, un écrivain. Il est à l’origine de la notion de créolie avec son « hymne à la Créolie » en 1978.
Avec environ 200 000 pratiquants, l’hindouisme est la deuxième religion de l’île. La majorité se présente sans tabou comme des catholiques et des hindouistes. Ce mélange de foi religieuse et de pratique par l’intermédiaire des fêtes tamoules a permis au fil des années à la communauté hindouiste d’intégrer la société réunionnaise sans heurs. Longtemps pratiquées dans la clandestinité, les cérémonies font partie du paysage culturel et cultuel réunionnais. Que ce soit la fête des lumières ou Dipavali, les célèbres et stupéfiantes marches sur le feu ou la traditionnelle fête en l’honneur du Dieu Mourouga, les hindouistes affichent leur rituel sans gêne. Bien au contraire. Ils acceptent volontiers la présence des personnes de confessions différentes à leur cérémonie haute en couleur.
Les musulmans de la Réunion débarquent sur l’île vers 1860. Ce sont tous des indiens musulmans originaires de la même province, celle de Bombay, du district de Surate dans le Goudjurat, sur la cote occidentale de l’Inde. Ils viennent pour travailler, souvent le commerce implanté dans les centres villes. La spécificité repose sur la construction des mosquées non loin de leur lieu de travail. Que ce soit à Saint-Denis qui peut s’enorgueillir de détenir la plus vieille mosquée de France, bâtie en 1905, à Saint-Paul, Saint-Louis ou Saint-Pierre, les minarets s’affichent dans le ciel bleu. Communément appelés « Zarabes » pour les différencier des indiens tamouls, ils sont majoritairement sunnites et tolérants. On dénombre actuellement environ 30 000 pratiquants. La communauté parle d’une seule voix au sein du Conseil régional du culte musulman. Preuve d’une grande tolérance et d’une intégration réussie au sein de la société réunionnaise.
Le pentecôtisme, appelé aussi mouvement de Pentecôte ou Assemblée de Dieu en Métropole, est une mouvance protestante évangélique. A la Réunion, sous le nom de Mission Salut et Guérison, le pentecôtisme débarque dans les années 60 avec un pasteur métropolitain, le missionnaire Aimé Cizeron et compte environ aujourd’hui 15 000 fidèles et 43 lieux de culte.
Les premiers juifs ont débarqué à la Réunion il y a une quarantaine d’années. Seule une infime partie est restée. Essentiellement sépharade, la communauté a commencé à s’organiser il y a une trentaine d’années. La première synagogue a été installée en 1974 dans une maison créole de Saint Denis. Elle est aujourd'hui rue Jean Cocteau à Sainte-Clotilde et une deuxième a été ouverte à Saint-Pierre. Crée en 2001, la Communauté Juive de la Réunion (CJR) a son représentant au sein du Groupe de dialogue interreligieux de La Réunion.
Le Bouddhisme est souvent pratiqué par des asiatiques d'immigration relativement récente. Nombreux sont les Chinois qui sont devenus catholiques. La croyance en cette religion est devenue pour eux davantage une tradition. L'île possède de beaux temples comme par exemple le Centre Bouddhiste tibétain, situé dans l'Ouest de l'île à Piton St-Leu, recevant très régulièrement des Lamas du Bouddhisme tibétain du Centre de Dhagpo Kagyu-Ling, dont le directeur spirituel est le Lama Jigmé Rinpoché. Dhagpo Kagyu-Ling est le siège européen de la lignée Karma Kagyu et membre de la FFCBK (Fédération Française des Centres Bouddhistes Karma-Kagyu). Les bouddhistes ont leur interlocuteur au Groupe de dialogue interreligieux de La Réunion.
Reportage réalisé pour Varanga par Véronique Tournier
Pour en savoir plusDécouvrez La Réunion des religions avec Patrice Louaisel, guide conférencier. |

Concerts :
26 mars


