La Réunion a une longue tradition de culture des plantes aromatiques et plantes à parfums. La vanille Bourbon (dont la dénomination d’origine est partagée avec Madagascar et Maurice) bénéficie d’une renommée mondiale. Le géranium Bourbon ainsi que le vétyver de la Réunion entrent dans la composition de parfums de luxe.
Cependant la filière connaît des difficultés de production depuis plusieurs années. Si la tendance n’est pas inversée, il est probable que cette filière périclitera alors que les perspectives mondiales sont plutôt favorables :
L’ODEADOM (Office de Développement de l’Economie Agricole des DOM) s’intéresse à la relance de la filière notamment pour de nouveaux usages dans le secteur médical ou de nouvelles productions destinées à l’industrie cosmétique ou agroalimentaire. Pour le Conseil Général, la diversification agricole est un réel défi pour le développement de l’agriculture réunionnaise en complément des productions actuelles. Cette question figure parmi les objectifs opérationnels du programme européen LEADER pour La Réunion.
Pour l’APLAMEDOM et l’Agence de Developpement, la valorisation des plantes aromatiques et médicinales de la zone océan indien représente une opportunité de développement économique pour notre île. Plusieurs projets d’implantation d’entreprises de transformation sont à l’étude et dépendent essentiellement des approvisionnements locaux dans un premier temps, et à terme de l’ensemble de la zone océan indien.
La CAHEB (Coopérative Agricole des Huiles Essentielles de Bourbon) a pour vocation de collecter et de commercialiser l’essence de géranium distillée par les producteurs, ainsi que l’essence de vétiver distillée par elle-même. Elle assure auprès de ses adhérents un certain nombre de prestations. Il existe également une unité de distillation indépendante de la CAHEB. Sa production annuelle est quasi constante aux environs de 300 l d’huile essentielle de géranium. Cette unité assure également une petite production d’autres HE à caractère innovant comme le cryptoméria ou des hydrolats comme le combava.
Le nombre de producteurs de géranium en 2005 était évalué à 196. Cette filière est constituée principalement de petit producteurs, 70% ont livré moins de 10 kg.
La baisse des quantités s’est poursuivie en 2005 dont la cause est principalement due aux difficultés climatiques (importants épisodes pluvieux). En 2006, il semble qu’un palier minimum ait été atteint et que la tendance s’inverse enfin avec un retour à plus de 2 t d’huiles essentielles livrées à la CAHEB en 2007.
La filière est organisée et comprend 4 structures agréées par la DAF dont 2 coopératives (PROVANILLE et UR2) et deux opérateurs (Royal Bourbon industrie et Appavapoullé)
La culture de la vanille en 2004 et en 2005 occupait une superficie totale de 300 hectares, localisées principalement sur la côte Est. On enregistre en 2005 une baisse d’environ 7 %, cette situation est due essentiellement à une floraison de qualité médiocre, conséquence de conditions météorologiques défavorables.
Le caféSous l’impulsion de la Région Réunion, avec le concours du Cirad, plusieurs producteurs se sont lancés dans « l’aventure Bourbon pointu ». Pour le moment au stade expérimental, la production est en phase de démarrage avec des réelles perspectives à l’export, notamment sur le marché japonais.
Le marché mondial qui tourne autour de 2 000 t par an, est très fluctuant. En 2005, on enregistrait une surproduction d’environ 1 000 t due essentiellement à l’arrivée de nouvelles origines telles que la Papouasie Nouvelle-Guinée, l’Inde et l’Ouganda.
Le marché du Géranium est aujourd’hui dominé par la Chine. Le prix du géranium chinois varie, il se situait autour de 60 € le kilo en 2004-2005. L’Égypte et le Maroc produisent un autre type d’essence.
Le vétiver de la Réunion est dans une situation plus marginalisée, que le géranium. Après une absence du marché entre 1998 et 1999, les ventes ont été de l’ordre de 450 kg en 2002 et 2003. Le vétiver en provenance d’Haïti s’est imposé à un prix 2 à 3 fois inférieur, et se situe entre 60 $ et 75 $. Il existe cependant un marché historique et traditionnel pour le vétiver Bourbon issu de la Réunion.
En 2004, la production mondiale de café s’est élevée à 6,7 millions de tonnes. Les principaux pays producteurs d’arabica sont le Brésil, la Colombie, l’Éthiopie et le Mexique.
Les plantes médicinalesCe secteur d’activité connaît une forte croissance au niveau mondial: les marchés de la médecine douce, des cosmétiques naturels, des alicaments… en Europe, au Japon et en Amérique du Nord se développent régulièrement depuis plusieurs années avec une croissance « à deux chiffres ». Loin d’être une tendance éphémère, il s’agit probablement d’une évolution de la consommation de produits de « santé » durable. D’autant qu’en plus des préoccupations alimentaires et de bien être des pays riches, la consommation de plantes aromatiques et médicinales correspond à une véritable tradition ancrée dans de nombreux pays comme la Chine, l’Inde, l’Afrique, l’Amérique du Sud…
Le marché mondial semble donc composé d’un marché industriel à forte croissance et à forte valeur ajoutée qui s’inspire d’une activité traditionnelle développée sur un marché de proximité séculaire. La médecine traditionnelle reste très répandue dans toutes les régions du monde en développement et son usage ne cesse de croître dans les pays industrialisés. Le marché mondial des plantes médicinales, en expansion rapide, représente selon l’OMS plus de US $60 milliards par an.
De cultures traditionnelles (vanille, géranium, vétiver…) la Réunion est devenu un producteur confidentiel. Or la qualité de ses produits est reconnue mondialement et l’écoulement de sa production à des prix supérieurs aux cours mondiaux ne pose a priori pas de difficulté insurmontable.
La Réunion jouit encore sur ce secteur d’une excellente réputation. Mais jusqu’à quand ? Car la baisse de production pénalise des clients qui ne peuvent obtenir les quantités désirées et doivent se tourner vers des solutions alternatives.
De réelles opportunités sont à saisir sur le marché des plantes à parfums et des plantes aromatiques et médicinales sur un marché mondial en pleine croissance.
Ces 3 premiers points concernent la production. Les acteurs locaux ont proposé des programmes sectoriels sur les plantes à parfums et aromatiques qui pourraient être étendus aux plantes médicinales. Ce n’est qu’après une véritable relance de la production que pourront s’installer durablement des entreprises de valorisation des plantes. L’Agence de Developpement a identifié plusieurs entrepreneurs locaux ainsi que des opérateurs extérieurs qui suivent de prés l’évolution de cette filière et seraient disposés à investir.
Textes : Agence de Développement de La Réunion - www.adreunion.com

Concerts :
26 mars 27 mars


