Dès le milieu des années 70, des voix se sont élevées pour sensibiliser la puissance publique à la fragilité des récifs coralliens réunionnais, puis dès le début des années 80 à l’apparition des premiers signes de dégradation de ces écosystèmes. Pour répondre à l’obligation de prendre en compte de manière urgente et efficace tous ces intérêts menacés, l’Etat a mis progressivement en œuvre, dès 1976, un ensemble de mesures destinées à favoriser la prise de conscience et à répondre aux dangers les plus immédiats : interdiction de pêche dans les réserves de pêche, interdiction de prélèvement des coraux et du sable ; puis organisation d’une filière de pêche au large pour diminuer l’effort de pêche côtier, et enfin plan d’assainissement des eaux usées sur le littoral Ouest et Sud, Schéma Directeur d’Aménagement et de Gestion des Eaux (SDAGE) identifiant les lagons et les formations récifales comme des zones à préserver en priorité, etc.
Les collectivités territoriales (Région, Département, Communes littorales) se sont également mobilisées très tôt pour la protection des récifs coralliens : après plusieurs années de gestation, elles créent, en 1997, l’association Parc Marin de La Réunion, structure de concertation pour l’élaboration du projet de réserve et préfigurant l’entité de gestion de la Réserve Naturelle Marine.
Le principe d’un projet de réserve naturelle marine à la Réunion a été approuvé par le Conseil National de Protection de la Nature (CNPN) en juin 2000. Cette instance avait alors demandé aux collectivités de démontrer leur intérêt pour le projet par la présentation de leurs programmes de réduction des pollutions terrestres de toutes natures.
Les récifs coralliens de la Réunion sont le siège d’une biodiversité parmi les plus remarquables de l’outre-mer français.
Très fréquentés pour des activités de loisirs dont les impacts cumulés peuvent être importants, soumis à un effort de pêche excessif, supportant des importants flux de pollution du fait des nombreuses activités et infrastructures implantées sur les bassins versants situés à l’amont, ces récifs sont aujourd’hui considérés à 30 % dégradés et à 50 % menacés.
Dans le même temps, l’érosion côtière atteint elle aussi un stade préoccupant.
Si cette dégradation continue, c’est un cadre vie très cher aux réunionnais qui disparaîtra à moyen terme, en même temps que de nombreux emplois liés au tourisme, à la pêche et aux loisirs.
La création de la réserve naturelle nationale marine de la Réunion est la réponse qui est apparue comme la plus appropriée.
Cet outil propose :
- une réponse réglementaire à l’objectif de protection et de régulation des conflits d’usage assortie d’une stabilité de la protection ;
- la définition d’une stratégie de gestion (le « plan de gestion ») dont l’élaboration est coordonnée par le « gestionnaire » de cet espace, désigné par le préfet. Cette gestion sera adaptée aux évolutions du milieu et des usages ;
- la mise en place d’instances de gouvernance modernes et participatives, au premier rang desquelles est institué le comité consultatif de la Réserve ;
La création de la réserve naturelle n’a pas vocation à bouleverser les activités des usagers, elle se veut avant tout génératrice d’un processus de modification des comportements pour une utilisation plus respectueuse du patrimoine.
Le plan de gestion définira, en relation avec le comité consultatif de la réserve naturelle, les objectifs à atteindre ; les mesures à mettre en œuvre et les orientations à prendre pour y parvenir ; les procédures d’évaluation et de suivi permettant de vérifier la pertinence et l’efficacité des mesures.
Le périmètre de la réserve s’étend du Cap La Houssaye à la Roche aux Oiseaux à l’Etang Salé, soit un linéaire côtier d’environ 40 km. La réserve se situe sur le Domaine Public Maritime, à partir du rivage et jusqu’à une profondeur comprise entre -15 m et -100 m.
Les profondeurs se répartissent globalement comme suit :
Sa largeur varie de 300 m à 1600 m. Elle est en moyenne de près d’un kilomètre. La surface totale est de 3500 ha environ, ce qui en fait le plus grand espace marin classé en réserve naturelle nationale du territoire national. Ce territoire comporte l’ensemble des récifs coralliens de la côte ouest de l’île (20 km de barrière corallienne), ainsi que des côtes rocheuses basaltiques.
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Carte 1 : Cap La Houssaye - L’Hermitage (PDF - 578 Ko).
Carte 2 : La Saline - Trois Bassins ( PDF - 491 Ko).
Carte 3 : Saint-Leu - Pointe au Sel (PDF - 520 Ko).
Carte 4 : Cap Malizé - Etang Salé ( PDF - 575 Ko).
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Divers :
15 mars 28 juin


