Hier soir, personne ou presque n'aura ignoré ce choix de la production... Comme un hommage au maître Fela, son fils Seun, et l'un des ses fils spirituels, Keziah Jones, ont eu pour mission de se faire plaisir (!!!) et d'enflammer un parterre noir de monde. Deux personnalités, deux résultats.
Amoureux et fidèle à son génie depuis des années, j'ai eu l'occasion de le voir sur scène plusieurs fois depuis le début du millénaire et la remarque pertinente de l'un de mes voisins de live me remis tout de suite les pieds sur terre : " J'ai l'impression que c'est le même concert que la dernière fois. ". Et là, Clash !!! Fan depuis 93 et son album Blufunk Is A Fact (j'ai toujours le disque de l'époque à la case), je ne faisais même plus attention à ses prestations, je restais là à danser au son de son blufunk et à scander les lyrics comme un ado le ferait aujourd'hui pour le dernier vainqueur d'un réality show télévisuel... On aurait aimé un peu plus de punch, de délires ou de facéties que quelques reprises de classiques n'ont pas su combler. Heureusement, l'homme est toujours là et il n'a pas pris un gramme. Sa voix, ses mimiques, ses pas de danse et son style à la Jimmy ne sont pas prêt de s'éteindre... et c'est tant mieux.
Aujourd'hui je reste juste en attente de son dernier opus Nigerian Wood prévu pour septembre... dans le but de retourner le voir rapidemment... See you Mister K.
Seun Kuti avait quatorze ans en 1997 lorsque Fela s'en est allé... et à cette occasion certains se rappellent encore le gamin chanter Sorrow Tears and Blood devant le cercueil de son père. Depuis ce jour, il ne cesse de suivre sa promesse : faire de l'afro-beat jusqu'à son dernier souffle. De part son style, son physique, mais et aussi grâce au groupe Egypt 80, celui de son père, il nous replonge au coeur des 70's et du délirium nigérian. Hier soir, c'est tout un festival, et même peut-être une ville, qui a swingué de concert. Fela peut être fier de son rejeton...
Les premières notes de musique sonnèrent devant un parterre quasiment vide mais l'énergie débordante et surtout les retrouvailles avec le Gramoun, champion toutes catégories du maloya traditionnel ont rapidement fait bouger les spectateurs...
A quelques mètres de là, Mikea offrait un récital tout en douceur à ces spectateurs... assis pour l'occasion.
Le star du soir, surtout pour les femmes, était sans aucun doute Keziah Jones
Le chanteur nigerien venu présenté son nouvel album Nigerian Wood nous a offert de très bons moments avec à la clef quelques célèbres reprises (war de Bob Marley par exemple à la sauce afro-beat) et des flashback sur ses premières compositions. Son parlé francais a bien évidemment fait fondre la gente féminime qui n'en demandait pas tant.
Maria Vilala : " Ce soir il a ouvert très tôt sa chemise... "
Lo'Jo entre en scène reunionnaise une fois de plus
Les poèmes du chansonnier Denis Péan n'auraient pas pu trouver meilleur cadre. La communion entre artistes et instruments a touché son apogée dans ce décor paradisiaque de la Ravine Blanche. Yamina et Nadia n'ont cessé de briller de mille feux grace à leurs voix et la maitrise de la danse orientale. Lo'Jo, c'est de la vraie musique du monde, sans frontières, sans cadres et sans tabous.
Yannick : " Je ne savait pas ce qui m'attendais, mais ca m'a fait des frissons. "
Les Sweet Vandals s'exportent bien
Un show plus qu'entrainant se produisait au même instant à quelques longueurs, sur la scène Sahalin. La Funk-Diva Mayka Edjo, d'une voix puissante située entre Millie Jackson et Janis Joplin, en s'ouvrant généreusement au public, lui a permis sans conteste possible de découvrir ce subtil mélange de funk, soul et blues. Une joie de vivre débordante, un amour de la scène et une musique diaboliquement vivante font de ces Sweet Vandals une des découvertes attachantes de ce festival.
2 fans : " Ca fait du bien d'entendre ce style de musique à La Réunion, parce que c'est rare. "
Texte : Natalie Wiesmann

Divers :
22 novembre

