"Je suis en stage à Budapest pour ma deuxième année de Master Informatique à l’Université de la Réunion. Je conçois et développe des portails et services web pour l'organisation de conférences scientifiques internationales. Je suis aussi le webmaster du Projet SOT LA MER".
Racontez-nous votre parcours.
"Je suis originaire de Saint-Pierre. Les métiers de la branche informatique m'ont toujours attiré. Quelques temps avant l'obtention de mon bac scientifique, j'ai choisi les classes prépa au lycée Leconte de Lisle de St-Denis. Après deux années, j'ai passé les concours et j’ai décroché une place à l’Ecole Internationale des Sciences du Traitement de l'Information à Cergy".
Comment cela s’est-il passé ?
"Cette école a été un lieu de transit dans ma vie d'étudiant pour un temps bien inférieur à celui que je m'étais imaginé. L’enseignement informatique était parfait. Pour des matières comme la communication ou le japonais, j'avais toujours l'énergie et la motivation nécessaires. Cependant je constatais que la majorité de nos heures de cours étaient réservées à des disciplines qui ne me passionnaient guère, alors que mes attentes s'orientaient autour du développement d'applications concrètes. A la fin du premier semestre, il a bien fallu prendre une décision".
Qu’avez-vous fait ?
"En décembre 2004, j'ai choisi non sans difficulté de rentrer à la Réunion afin de poursuivre des études plus cohérentes avec mes principes de vie. La validation des acquis (Classes Prépa et école) m'a permis de m'inscrire dans une licence orientée vers les Nouvelles Technologies de l'Information et de la Communication à l'Université de la Réunion (licence IUP GMI). J'ai été très heureux de pouvoir redécouvrir l'informatique avec davantage de liberté et d'accéder enfin à une vie estudiantine épanouie".
Et aujourd’hui ?
"Cette année est un véritable couronnement pour mes études avec un semestre de cours des plus passionnants. Les enseignants-chercheurs et intervenants extérieurs à l'UR m'ont permis de confirmer une fois de plus le bien-fondé d'une inscription à la Faculté des Sciences et Technologies de l'UR lorsqu'on est désireux de réussir ses études tout en étant à une distance raisonnable de ceux qui nous sont chers. J'ai quitté l'Europe en 2004 pour mieux la retrouver l'année dernière lors d’un stage à Stuttgart en Allemagne et me voilà maintenant à Budapest".
Que ressentez vous en Hongrie ?
"C'est une merveilleuse expérience que de vivre ce séjour pour découvrir un très beau versant de la culture européenne. L'apprentissage du hongrois au quotidien n'est pas sans réjouissance avec l'ensemble de ses propriétés agglutinantes".
Quels ont été les avantages / inconvénients du fait de venir de la Réunion dans votre parcours ?
"Je tiens à mettre l'accent sur le caractère scandaleux des prix de l'accès à Internet sur l’île. C’est une donnée essentielle pour un étudiant dans le domaine des NTIC. Dans un tout autre domaine, la pratique des langues étrangères est plus difficile quand on est isolé. Cependant la confrontation avec une langue totalement inconnue n'en devient alors que plus enrichissante".
Quels sont vos projets ?
"Cela fait un peu plus d'an et demi que je suis le webmaster de SOT LA MER. Cela coïncide bien avec mon propre projet professionnel, à savoir travailler très bientôt dans la création web. Le développement de nouvelles fonctionnalités pour notre site et son optimisation en terme d'ergonomie et de contenu demeure au rang de mes principales priorités. Vivre le début de ma carrière professionnelle en Europe me paraît de plus en plus évident."
Comment avez-vous découvert le projet SOT LA MER ?
"Peu de temps après ma rentrée en licence, j'ai visité une exposition qui se tenait à la bibliothèque universitaire. J'ai rencontré Nelson Navin, un jeune photographe à l'initiative de Sot La Mer. Cette rencontre a été déterminante pour moi, j'avais vraiment besoin de travailler sur un projet porteur de sens et porteur d'espoir". C’est principalement une association de photographes réunionnais qui ont décidé de s’ouvrir sur le monde. Quand l’île devient trop étroite pour certains, les Réunionnais disent qu’il faut « sauter la mer ». Le voyage n’est pas une échappatoire, mais une façon de se réconcilier avec le monde. Il ne s’agit pas de fuir, mais d’aller chercher ailleurs une autre source d’inspiration, un recommencement…"
Quelles sont vos actions ?
"Avec l’association APOROS, nous effectuons actuellement une collecte de matériaux audiovisuels (photos, vidéos, sons et textes) en vue d'une projection prévue pour le 20 décembre 2008, ainsi que l'édition d'un livre d'art qui sera vendu au profit d'Amnesty International et de Reporters sans Frontières".
Quels conseils donneriez-vous aux jeunes Réunionnais ?
"Je crois qu'ils sont déjà bien nombreux à l'avoir compris mais pour tous ceux qui n'en seraient pas encore complètement persuadés : Il est important de changer de point de vue, de rencontrer d'autres cultures en allant au devant de ces dernières. Par le voyage, on acquiert plus d'ouverture, plus de tolérance et plus d'humilité. Il faut saisir les opportunités quand elles se présentent !"
Que pensez-vous du site www.reunionnaisdumonde.com ?
"Cet espace permet à ceux qui ne connaissent pas la Réunion ou qui souhaiteraient en savoir davantage, de se rendre compte de ce qui peut s'en dégager d'un point de vue culturel et humain. On sent bien que le tissu relationnel créé nourrit sa propre extensionnabilité. C'est aussi une merveilleuse initiative pour tous ceux qui souhaitent se sentir un peu plus proches de "chez eux" quand ils se trouvent à un autre bout du monde".
En savoir plus sur SOT LA MER
Interview extraite du site Réunionnais du Monde

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17 septembre 21 septembre

