De la Provence à La RéunionDe la cité phocéenne où elle a vu le jour, aux rivages de notre île, il n’y a qu’un pas. Celui qu’a franchi Dominique Abrahami il y a plus de vingt ans. Petite fille d’un des premiers santonniers de Marseille à créer ses propres modèles, elle met très tôt au service de cet art son aisance naturelle à travailler la couleur. Après le décès de sa mère, qui n’a jamais cessé de façonner et de peindre des santons, le frère de Dominique Abrahami, maître de recherche au C.N.R.S., perpétue la tradition familiale.
Une même passion anime Dominique Abrahami à des milliers de kilomètres de sa terre natale. Lorsque l’oiseau prend son envol, c’est un espace de sensations à la fois nouvelles et familières mais toujours fécondes qui s’offre à elle. Arrivée sur l’île, cette enseignante travaille en maternelle puis se spécialise dans l’enfance inadaptée.
Durant un congé de formation elle passe douze mois à l’école des Beaux Arts où elle découvre diverses techniques d’arts visuels : gravure, impression d’autres approches de la créativité. Sa rencontre avec le peintre réunionnais Jéhan de Villèle lui permet d’explorer le domaine de la peinture à l’huile et ses applications académiques à travers paysages et autres natures mortes.
Cependant cette amoureuse de la vie va très vite s’orienter vers la peinture animalière. L’émotion est le maître mot pour cette personnalité à la sensibilité pudique mais généreuse. L’Afrique, ses couleurs quelques fois si proches de celles de la Provence sont une inépuisable source d’inspiration. Lors de ses voyages en pleine nature lui revient l’émotion ressentie à chaque visite au zoo proche de sa maison d’enfance. Mais sur le continent africain c’est l’émotion grandeur nature.
Le format des tableaux n’en finit pas d’augmenter et l’artiste fascinée par la perfection de cette vie animale, par sa beauté menacée, nous offre des regards somptueux induisant la terrible question : pour combien de temps encore ?
Dominique Abrahami transpose et prolonge cette émotion à travers une peinture qui parle de l’intensité d’une présence, chaque fois unique et interpelle notre conscience quant à la force et la fragilité du règne animal.
Un autre versant de son expression artistique invite à contempler des portraits d’hommes et de femmes de l’océan Indien. Ici encore émotion, transparences, travail d’orfèvre dans le détail des ombres et lumières.
Mais cela est une autre histoire d’amour...
Pour en savoir plusDominique Abrahami |

Divers :
22 novembre

