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  Mercredi 3 decembre 2008   06:02
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Madame Desbassyns :
Bienfaitrice ou marâtre ?

Madame DesbassynsLa Réunion a connu bien des personnages importants dans l’histoire de son développement. Bercée de légendes, de croyances mais aussi de faits réels et avérés, l’île demeure aujourd’hui marquée des ancêtres et de leurs actes. Madame Desbassyns se situe entre croyance et réalité : bien réelle par ses actions, elle ne reste pas moins un personnage énigmatique et hors du commun. Connue pour son large patrimoine agricole, ses propriétés terriennes et son sens des affaires, elle détenait aussi près de 800 esclaves à ses ordres. Retour sur une adepte du Code Noir qui laisse une empreinte conséquente à notre île…

Marie Anne Thérèse Ombline Gonneau-Montbrun, née à Saint-Paul en 1755, deviendra Madame Desbassyns en 1770 en épousant un homme d’affaire conséquent : Henry Paul Panon. À la mort de son mari en 1800, la mère de neuf enfants hérite d’un capital financier et terrien très important et de plus de 400 esclaves.

Bien des gens à l’époque auraient pensé qu’une femme n’aurait pu gérer à elle seule un tel empire, mais au contraire, c’est avec force et courage que la veuve s’occupe de son héritage. Elle entreprend d’immenses rénovations pour améliorer les conditions de travail et donc, les revenus.

Outre la puissance économique que représente à elle seule Madame Desbassyns, elle a aussi réussi à conquérir le cœur des réunionnais et visiteurs importants grâce à son « cœur charitable ». En effet, elle accueille dans sa maison de Saint-Gilles les hauts, tous les malades, officiers prisonniers pour leur redonner force et vigueur à l’air pur. Ces gestes lui vaudront le titre de « Seconde providence » décerné par le gouverneur de l’île.

Mère de neuf enfants

Pendant de nombreuses années, Madame Desbassyns mettra tout en œuvre pour combler le retard technologique avec la métropole en s’entourant de scientifiques réputés. Bien que la vie économique accapare son temps, la maîtresse de maison n’en demeure pas moins un hôte excellent. Elle recevra ainsi de nombreuses personnalités de l’époque tels que des officiers, gouverneurs, membres du clergé. Ces affinités créeront avec le temps des inimitiés chez certains colons de Bourbon.

Mais ce qui fait la popularité de Madame Desbassyns est incontestablement les esclaves qu’elle possédait : près de 800 qu’elle gardait dans ses propriétés de Saint-Gilles les Hauts. Les rumeurs vont bon train encore aujourd’hui pour dire que la riche propriétaire traitait ses esclaves en appliquant à la lettre le Code Noir de 1723 : avec sévérité, sans aucune compassion. Des prisons de torture de la Rivière des Pluies aux locaux délabrés de Saint Gilles les Hauts, tout laisse penser que Madame Desbassyns n’était pas tendre avec ses esclaves.

Madame DesbassynsMais qui le fût ? Selon les rumeurs, les idées divergent. Certains pensent que la veuve ne traitait avec décence que les meilleurs travailleurs mais pouvait aussi se montrer impitoyable avec les moins bons. Toujours est il qu’aujourd’hui, Madame Desbassyns reste une figue emblématique de Bourbon. Que ce soient par ses actes bienveillants ou par l’ignominie de l’esclavage, elle a marqué son époque et laisse derrière elle un passé douteux mais exemplaire.

Textes : Béatrice Gonthier





La maison a été construite par le mari de madame Desbassyns

La maison de Saint-Gilles les Hauts :

La maison fût construite à la fin du XVIIIème siècle par Henry Paulin Panon Desbassayns, le mari de Madame Desbassyns. Devenue Musée de Villèle en 1974, cette maison a été construite en pierres et briques consolidées avec du mortier.

Cette merveille d’architecture constitue une richesse patrimoniale grâce à ses matériaux mais aussi par la splendeur des jardins fleuris autour de la maison.
Au fond de la cour, à gauche de la prison des esclaves, découvrez l’hôpital et les ruines de l’usine sucrière construite par les deux derniers fils de Madame Desbassyns : Charles et Joseph.

Pour se rendre au Musée de Villèle : Suivre la route du théâtre jusqu’à Saint-Gilles les Hauts. Prendre à droite en face de la Chapelle pointue.

   des jardins a perte de vue
   des locaux vetustes et sombres reservis aux esclaves
   fondee par les deux fils Jospeh et charles desbassyns

   la maison a ete construite par le mari de madame desbassyns
   la presence dun hopital etait obligatoire pour les esclaves
   la vue temoigne de la richesse des proprietaires

   le fameux code noir de 1723
   le jardin a droite de la maison
   le style colonial domine par les courbes et les couleurs

   les jardins sont entretenus quotidiennement
   les ruines de la sucrerie
   madame desbassyns selon un sculpteur reunionnais

   musee de villele
   prison des esclaves
   terrase arriere

   un jardin etonnant
   une maison creole au style particulier
   une sculpture de la veuve





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