Lyliane Lavilgrand, ex-enseignante dans le domaine de l’enfance inadaptée, est l’auteure de ce roman original et novateur : Le Village des Vagins. Née et élevée à Saint-Denis, cette femme à la personnalité hors du commun nous confie dans ce deuxième roman, une vision subjective de premier abord mais qui s’avère être, au fil de la lecture, un panorama général de l’état d’esprit féminin au XXIe siècle. Le Village des Vagins aussi appelé Tingy Tanana en Malgache est l’histoire de la vie rêvée, regrettée ou en devenir de toutes les femmes. Lyliane Lavilgrand se confie…
« L’indépendance psychologique d’une femme passe aussi par son indépendance financière » explique Lyliane Lavilgrand… Le ton est donné. Le Village des Vagins ne fait pas de cadeaux aux hommes, mais offre surtout à la gent féminine l’espoir d’une renaissance intérieure. Certains verront en ce livre l’avènement d’un mouvement féministe, d’autres y trouveront les prémices d’une vie ou l’égalité, la parité seront utilisés au sens propre. « Ce livre ne dépeint pas la violence conjugale mais simplement les effets à long terme d’une société où l’homme croit dominer ».
Le premier roman de Lyliane Lavilgrand « Père- Ver » tentait déjà de mettre en avant le problème implicite de l’inégalité des sexes ressenti par cette pesante et éternelle domination masculine. Un problème en constante évolution du fait des mentalités, des médias, de la tradition mais surtout de l’éducation. Selon la romancière, la société machiste ne rencontre aucune résistance au quotidien : « Les hommes tracent leur route et les femmes s’adaptent ». Un rapport de force, un combat perpétuel pour imposer une psychologie différente, où s’affrontent sans trêve deux êtres fondamentalement différents. L’enjeu est grand et le chemin est long. Le Village des Vagins intervient au moment où la Femme se questionne sur son passé, son présent, son avenir, sa condition de Femme et les modifications qu’elle souhaiterait y apporter. Aucun « mâle » à l’horizon, uniquement de quoi replonger dans l’univers originel et rassurant de la douceur féminine. « Qui mieux qu’une femme peut comprendre une femme ? » propose Lyliane Lavilgrand dont l’assurance et la détermination suffisent à accréditer.
Ce roman propose une approche différente des relations humaines pour rattraper les nombreuses erreurs commises à l’encontre du statut féminin depuis des décennies déjà. Loin d’implorer une nouvelle image, la Femme veut au contraire imposer celle qu’elle mérite. Lyliane Lavilgrand ne prétend pas changer ce terrible quiproquo. La tâche est bien trop laborieuse pour une seule femme. Elle met simplement son expérience personnelle au service d’autres femmes afin qu’elles puissent y puiser la force nécessaire à un retournement de situation. Le Village des Vagins n’est pas le livre d’une seule femme. Son aboutissement passe inévitablement par le partage des expériences, des ressentis pour qu’un jour enfin « le masculin ne l’emporte plus toujours sur le féminin ».
Béatrice Gonthier
Octobre 2007
| Le Village des Vagins est un roman mettant en avant un problème de société plus que présent : la misogynie. C’est à travers le récit de Marie que l’histoire prend son sens. Troublée par des évènements familiaux déconcertants, la narratrice prend la décision de s’évader vers la Martinique pour s’isoler. Elle y rencontre Cécile, une femme indépendante vivant sur son voilier. Les deux femmes se lient d’amitié et c’est au cours de leur voyage en mer qu’elles se découvrent le même rejet pour une société dominée par les hommes. Les longues discussions féminines aboutissent à un seul verdict : les hommes ont pris le monopole sur tous les secteurs du quotidien. Pour y remédier, les deux femmes vont s’inventer une société de femmes avec l’aide d’une tribu à Tingy Tanana : Le Village des Vagins à Madagascar. Ce roman, exotique, insulaire, remet en question la ségrégation machiste qui règne implicitement dans la société actuelle. |

Concerts :
23 novembre

