Située dans le Sud de l’île, entre Saint-Joseph et Saint-Philippe, la forêt tropicale humide de basse altitude est l’un des écosystèmes forestiers les plus menacés au monde, mais aussi l’un des plus riches, appelée forêt de « Bois de couleurs des Bas ».
Elle est en grande partie classée réserve biologique mais les sentiers botaniques tracés au milieu des arbres permettent de mettre en lumière les enjeux de sa protection. Et de profiter du spectacle bienfaisant de la Nature.
Lorsque vous tournez pour prendre le petit chemin forestier qui s’enfonce entre les champs de canne, vous apercevez une grande étendue verte accrochée sur les hauteurs et le littoral dans votre dos vous semble déjà lointain. Après avoir roulé dix minutes dans le chemin sinueux, un kiosque vous indique le chemin. Cette forêt originelle a poussé sur une coulée de lave il y a environ cinq cent ans.
Quel étonnement que de se retrouver au départ des sentiers, les pieds dans un entrelacs de racines et de pierres volcaniques au milieu d’arbres majestueux ayant parfois plusieurs centaines d’années. Le spectacle est époustouflant dès les premiers mètres. Lichens, fougères, arbustes et arbres ont successivement trouvé leur place sur la lave.
Les trois sentiers, chacun balisés par des panneaux de couleurs différentes indiquant les noms des arbres, s’enchaînent en environ deux heures mais il est bien sûr possible de n’en suivre qu’un ou deux.
Leur provenance est aussi écrite au pied des arbres. Endémique de la Réunion et de Maurice, le Petit Natte se retrouve souvent : il atteint vingt mètres de hauteurs et abrite mousses, fougères et orchidées sur son tronc.. La liane sans feuille, plante médicinale, s’accroche a lui.
Le Bois de Banane lui ne se trouve qu’ici, il doit son nom à ses fruits regroupés telle une main de banane. Son bois était réputé pour la confection d’un instrument de musique traditionnelle : le bobre.
En tout c’est plus de sept cent espèces végétales et animales qui vivent au cœur de la forêt. Un peu de discrétion et de patience et se sont peut-être tec-tec, merle pays, papangue ou oiseau blanc qui viendront se poser sur les branches alentours.
Il y a trois accès pour s’y rendre :
- le premier est signalé par un panneau situé à la sortie du Baril (en allant vers Saint-Philippe), la route asphaltée rejoint ensuite la route forestière jusqu’au kiosque et au panneau d’information qui marque le début du sentier.
- Le second emprunte la route forestière 4, c’est indiqué à la sortie de Mare-Longue
- Pour les marcheurs, le sentier GR2 permet d’arriver en 45 mn en partant de la nationale à l’entrée de Mare-Longue
Sources : ONF, merci à Guy Rivière.
Texte : Fanny Peroz, photos : Alexis Mazel.
Les origines de la forêt réunionnaiseLe climat exceptionnel et les reliefs de la Réunion donnent lieu à 101 micro climats sur tout le territoire. Il y a quatre grands types de végétations : la forêt sèche du littoral (à l’ouest) dont il ne subsiste que quelques vestiges, la forêt de montagne qu’on trouve encore autour du Piton des Neiges, la forêt de « bois de couleurs des Hauts » dans la région de Bébour- Bélouve et enfin la forêt de « bois de couleurs des Bas », encore relativement bien préservée grâce à une colonisation tardive par l’homme. Notre vision de cette forêt originelle est presque identique à celle des premiers colons arrivés dans cette région il y a plus de trois siècles. Ont cependant disparus les plus gros arbres (utilisés pour la construction), les Palmistes (recherchés pour leurs bourgeons comestibles) et les grandes fougères arborescentes (utilisés pour faire des pots et jardinières). Depuis la création de la Réserve Naturelle en 1981, ces pratiques sont illégales. |

Divers :
17 septembre 21 septembre

