Il serait dommage de visiter la Réunion sans se laisser emporter par le savoureux et alléchant parfum de la vanille, cette unique orchidée comestible, qui donne à de nombreux mets un goût irremplaçable. La vanille à la Réunion est bien plus qu’une plante, c’est une histoire, une culture insulaire, une pratique qui se transmet d’une génération à l’autre. Monsieur Roulof, vivant à Saint-André, plante et récolte de la vanille depuis qu’il est en âge de travailler. Avec son père, il perpétue une tradition qui a malheureusement tendance à disparaître.
Depuis 1987, Monsieur Roulof s’occupe des plantations familiales de vanille à Saint-André. Son arrière grand-père lui a laissé un héritage inestimable qu’il entretient avec soin. Chaque année il récolte près de deux tonnes de vanille verte qui sont revendues aux Etats-Unis et au Japon grâce à une société de distribution réunionnaise. Produit local à la renommée mondiale, la vanille n’apparaît qu’à force de patience et de minutie : « Cette plante met beaucoup de temps à pousser, le travail final est long et difficile, il vaut mieux s’investir entièrement » explique le planteur.
En effet, pour voir pousser les premières fleurs, il faut attendre quatre à six ans, il faut ensuite attendre la période propice à la fécondation (septembre à décembre), afin de voir apparaître les gousses de vanilles qui seront cueillies neuf mois plus tard. A ce stade de l’opération la plante est encore verte, il faut donc la faire bouillir à 65°C pendant quelques minutes afin d’accélérer le processus : la gousse devient marron et l’odeur commence à émaner. La vanille sera ensuite placée dans un coffre de bois sous une couverture de laine afin d’éviter une reprise trop brutale avec la température ambiante. Enfin, les gousses seront exposées au soleil pendant trois semaines.
Autant de procédés et de techniques qui garantissent un arôme d’une qualité exceptionnelle. Monsieur Roulof travaille avec son père âgé de 84 ans, retraité, il ne parvient pas à abandonner son activité. Père et fils s’activent chaque jour à améliorer leurs récoltes, une nouvelle plantation viendra bientôt s’ajouter aux deux hectares déjà entretenus.
La vanille de Saint-André, même si elle est très convoitée, n’est pour ainsi dire jamais vendue dans les supermarchés locaux. Sa qualité, et la préparation qu’elle requiert font que ce produit reste assez onéreux sur le marché. Ainsi, la vanille de Madagascar qui prend le monopole, est commercialisée à la Réunion : « Il est inadmissible que l’on importe autant de Madagascar, leur produit n’est pas mauvais, mais cela désavantage les planteurs locaux, au risque de voir s’éteindre la culture » déplore Monsieur Roulof.
La variété de vanille plantée à Saint-André fut importée de Guyane par le commandant Philibert en 1819, c’est pour cette raison que la Réunion ne possède pas encore d’appellation spécifique pour la vanille locale : « Si tout se passe bien, nous pourrons bientôt l’appeler Vanille de l’île de la Réunion » espère le jeune planteur. Cette nouvelle appellation contrôlée donnerait enfin une chance de reconnaissance aux plantations locales et surtout la possibilité de les conserver encore sur des générations.
Textes et photos : Béatrice Gonthier
Histoire de la vanille à Bourbon Trois dates importantes ont marqué l’introduction de la vanille à la Réunion : EDMOND ALBIUS : |

Concerts :
17 mai

