Les combats de coqs sont une tradition qui existe à travers le monde entier. Ici les « ronds de coqs » rassemblent dans une ambiance passionnée des amateurs de différentes origines et de tous ages. Décriptage de cette « tradition locale ininterrompue » ...
Il s’agit de « kok l’espes », coqs de l’Inde. En général, des reproducteurs de race « Java » croisés avec la soeur d’un combattant réputé.
On évite de les blesser en effectuant des combats trop jeunes… On les nourrira de maïs, zerbes, oignons (pour le souffle), cresson, zambrevat, parfois avec des grains de zamal… (interdit)
Soit le coq est bon, soit il va servi de rebut. Il aura alors un rôle de punching-ball… Ce sont souvent les vieux brisquards du rond (trop âgés ou pas assez agressifs pour en faire des reproducteurs), crête défraichie, plume terne et parsemée, gueule cabossée, peau nervée de cicatrices.
Ils serviront de partenaires au favori, leurs ergots seront mouchetés pour le défouler sans l’abimer (avec du leucoplast). Le fvori tape sans prendre de coups et n’hésite pas à enfouir satête sous l’abdomen du « rebus » pour le déséquilibrer ou sous son aile pour le piquer derrière le cou.
Séances de confrontation
1er « galop » vers 11, 12 mois, d’un quart d’heure à une heure face à un coq de même gabarit (taille et poids) Le « jockey » en analyse les attaques. Soit il est pugnace, soit réformé (basse-cour, casserole, ou « boxeur »…) et devient alors un « coq valé ». En effet, s’il perd, il perdra toute sa vie…
On fera 4 à 5 « galops » au total à raison d’un par mois en moyenne.
Séances de musculation
On lance l’animal en l’air pour muscler ses ailes en retombant. On le masse au rhum ou à l’alcool à brûler en lui brossant la robe et on le fait dormir sur un perchoir pour muscler ses cuisses…
Avant le combat, on enferme les coqs dans des cages grillagées, l’un en face de l’autre pour les « chauffer »
L’ergot peut être façonné par le « jockey » pour obtenir l’effet désiré :
On fera s’affronter des coqs de même type d’ergots
On regardera aussi la morphologie et la pugnacité. On coupe les plumes du cou et de la tête « i coif le kok ». On durcit ainsi ces parties exposées aux coups en les baignant d’eau vinaigrée= la peau s’épaissit. Celà sert ainsi à déguiser le coq (parait ainsi plus âgé ou maltraité)
On mijote parfois des préparations mystérieuses que l’on étend sur les ergots : « le vitriol », ce qui susciterait de vives douleurs au contact de l’adversaire qui est alors tenté de refuser le combat. On a aussi mis de la graisse de papangue sous les ailes du coq ce qui entrainera chez l’adversaire un réflexe de fuite car il reconnaitra alors l’odeur du rapace.
Il se poursuivra durant 6 à 7 ans pour les meilleurs d’entre eux. Mise en condition : frictions au rhum, collations à satiété.
Une durée de 2h, un carré de 8 m de côté (avant c’était un rond tracé sur le sol d’où le nom de « rond de coq ».
Le patron du « rond » vient inscrire sur une ardoise l’heure du début des hostilités, après qu’il y ait eu les paris, la pesée et le choix de l’adversaire. On va discuter du montant des enjeux (250 € environ entre les joueurs pour les petits combats d’entrainement ; 30 à 80 € entre les spectateurs), ces montants étant modifiables tout au long du combat.
Il y a ensuite le rituel de la pesée l’on « tire »dans la même catégorie à 100g près. Si le combat a une issue incertaine on parie 1 contre 1 « larzan pour larzan ».
Le « jockey » - l’entraineur - reste derrière l’animal, le surveille, tente d’orienter les coups, le stimule, le rafraichit,lui enfonce une plume taillée dans la gorge pour dégager les caillots de sang qui pourraient l’étouffer. Ce n’est pas toujours le propriétaire. Certainsseglissent derrière un anonyme (gagnants) pour nepas éveiler l’attention des parieurs.

Types de coqs combattants
Est vaincu :
Avenir et prix
Il y a de nombreux « ronds de coqs » dans les écarts en particulier. Les entrainements se font généralement les samedis après-midi jusqu’à tard dans la nuit. L’accès y est libre et gratuit mais il vaut mieux éviter d’y aller en nombre important (pas plus de 5 personnes de préférence). La discrétion y est de mise notamment sur les photos.
Les « combats de coqs » sont en principe interdits en France. Il y a tolérance pour les anciens ronds en tant que « tradition locale ininterrompue » et interdiction de nouveaux ronds. Les sanctions s’élèvent en principe à 6 mois de prison et 8 000€ d’amende
Textes : Louaisel Patrice - Guide culturel - Conférencier sur toute l'île (Histoire - Religions - Traditions)