Au pied du Piton d’Anchaing, dans un écrin de verdure, il a belle allure, ce petit village. La découverte des eaux chaudes en 1832 a bouleversé sa destinée.
Hell-Bourg devient un site élégant et raffiné, une station thermale huppée où se presse la bourgeoisie. Les dames portent de longues robes et ombrelles, les messieurs sont vêtus de l’habit blanc des colonies. Ils se font construire des villas, les cases « de changement d’air ». Hell-Bourg devient surtout le lieu par excellence où les mariages arrangés entre « gens biens » se dessinent et se décident.
1948. Un cyclone raye de la carte la fameuse source, le village perd alors de son prestige. On préfère désormais prendre la route de Cilaos pour goûter aux joies du thermalisme. Mais Hell-Bourg a su garder ses villas et préserver son esprit « grand air et repos ». Aujourd’hui, Hell-Bourg fait partie du classement très sélect des « Plus beaux villages de France », avec des monuments classés historiques. Un village qui est aussi le point de départ de fabuleuses randonnées.
Hell-Bourg possède de nombreuses cases créoles datant de la seconde moitié du 19ème siècle. On peut faire le parcours à pied, seul ou avec un guide. D’une case à l’autre, des panneaux nous renseignent sur les détails architecturaux. Un parcours qui nous mènera du premier hôtel Thermal construit vers 1850 à la villa Chabrier-Lucilly avec son « guétali » (kiosque panoramique) inscrit à l’inventaire des monuments historiques, en passant par l’ancien hôpital militaire.
Des cases qui respectent les codes architecturaux en vigueur de l’époque. Le lambrequin pour casser la pluie, les losanges sur la façade pour chasser le mauvais œil, les toitures de taule rouge par superstition et les jardins symétriques aux plantes symboliques (plantes d’accueil, de croyance, d’amour, de fécondité…).
On peut visiter la Maison Folio, une belle demeure créole traditionnelle, la plus ancienne, construite en 1870 pour se faire une petite idée de la vie des grands bourgeois de l’époque. Une maison qui est classée monument historique.
Il pleut, il pleut sur le cirque de Salazie. Il est l’un des plus verts de l’île. Ce qui favorise l’épanouissement du célèbre chouchou, appelé aussi chayotte ou christophine. 95% de la production de l’île vient d’ici. Ce serait d’ailleurs un sacrilège de séjourner à Hell-Bourg et de ne pas le goûter. Il se cuisine à toutes les sauces : en gratin, en salade, en cari, en rougail, en fricassé, en bouillon ou en gâteau. Même la crêperie tenue par Madame Legall propose sur sa carte le « Ti chouchou », une galette de sarrasin au chouchou, à la béchamel, au fromage et au jambon.
Pour vous conter l’histoire de la « paille chouchou », la spécialiste, c’est Marie-Paule, guide à l’écomusée. Son arrière grand-mère travaillait déjà la paille de vétiver, la paille de tous les jours. Le chouchou était réservé à la fabrication de chapeaux pour les grandes occasions. La tresse est obtenue à partir de la liane chouchou. Le tressage d’un chapeau peut facilement prendre plus de 20h de travail. La paille chouchou a eu son heure de gloire, elle fut exportée entre 1909 et 1923, en Europe et notamment en Italie. On la nommait alors la paille d’Italie. Aujourd’hui, elles ne sont plus très nombreuses à la travailler, c’est un savoir faire qui se perd.
Vous allez probablement le croiser, il fait son petit tour régulier dans les rues d’Hell-Bourg, il est un vrai personnage. Franck dit Ti Père se promène avec sa suite, ses oies et sa tripotée de canards. Au compteur, il a eu mille vies, show-biz à Paris, masseur pour footballeur, diseur de bonne aventure, guide touristique,…On croira ce que l’on voudra. Sa trombine se promène sur le Web, d’Italie en Allemagne.
Textes : Florence Merlen - Photos : Florence Merlen & Céline Lobjoy.
Sur les traces des premiers habitantsNe ratez surtout pas l’écomusée d’Hell-Bourg. C’est vrai, il est un peu caché dans la végétation et retiré de l’agitation de la rue principale, mais il vaut franchement le détour. Entre la reconstitution d’une paillote, la cuisine au feu de bois, les photographies d’époque, les objets « lontan » (anciens) et l’histoire des thermes, on fait un bond dans le passé. Les deux guides, Marlène et Marie-Paule animent le lieu avec passion. |
Une mort très douceLe cimetière paysager de Hell-Bourg est l’un des plus originaux et pittoresques de l’île. Très fleuri, en pente, avec une superbe vue sur les montagnes, il abrite des hôtes prestigieux, les poètes Auguste Lacaussade et William Falconer. Mais aussi un bandit de grand chemin du 19ème siècle, M. Zitte, dont la tête, elle, est restée à Saint-Denis. Informations pratiquesPour en savoir plus sur Hell-Bourg, nous vous invitons à contacter directement la Maison du Tourisme de Salazie. |

Concerts :
26 mars


