Les journées de 24 heures sont décidément trop courtes pour Karl Ramassamy. Entre son travail à la mairie de Saint-Denis, la présidence de l’association Nout Racine, ses engagements dans des projets humanitaires, -et bien d’autres choses-, l’homme trouve encore le temps d’être écrivain.Qu’on ne s’y trompe pas : Karl Ramassamy n’est pas un individu éparpillé. Car derrière tout ça, se cache une seule, une immense, une dévorante passion : celle de son île.
Karl Ramassamy le dit clairement : la Réunion porte très bien son nom. Elle est un exemple incontesta
ble de diversité culturelle. Aucun autre endroit au monde ne lui ressemble. Elle est comme un objet précieux qu’il faut sauvegarder à tout prix.
Mais pour la protéger comme elle le mérite, il faut la connaître et la comprendre. A 44 ans, Karl Ramassamy le sait depuis bien longtemps.Pour cet homme qui n’a de cesse de promouvoir l’image de son île, il est important de bien cerner toutes les choses qui font la Réunion.
A ce titre, il prépare un ouvrage qui s’intitulera «La Réunion : panorama d’un multiculturalisme réussi». L’idée est de présenter l’île sous ses différents aspects : la musique, le sport, la cuisine, la religion, le patrimoine, le tout à travers le regard de personnalités réunionnaises impliquées dans l’un de ces secteurs. Ensuite, l’auteur donnera sa propre synthèse pour clore son travail.
La préparation du manuscrit est déjà bien entamée : Karl Ramassamy a commencé à prendre des contacts et à réaliser des interviews. La sortie de cet ouvrage est prévue en 2009. «Oui en 2009, car il s’agit d’un véritable travail de collecte d’informations. C’est très long» explique-t-il. Et pour cet homme très minutieux, il ne faut absolument négliger aucun détail.
C’est d’ailleurs avec le même état d’esprit qu’il avait rédigé en 2005, son premier livre : «Bouillon fonnkèr», un recueil de poèmes en créole, édité par le biais de l’association Nout Racine dont il est le président. L’association, qui a pour objectif d’insérer les jeunes dans la société et de prévenir la délinquance a ainsi ajouté une corde à son arc en devenant maison d’édition.
«Le fonnkèr, c’est un terme créole, c’est ce que nous avons de plus profond en nous explique l’auteur, et bouillon, parce que j’ai écrit toutes ces choses qui bouillonnait en moi. Le titre de ce livre me paraissait vraiment approprié».
Une île, un mondeDès les premières pages, l’âme réunionnaise s’empare du lecteur. Car Karl Ramassamy raconte : les pique-niques dans le cirque de Cilaos, la cuisine au feu de bois de la charmante Odile, l’oncle qui joue de l’harmonica, le fond du garage où s’élève parfois des chants maloya, mais aussi la violence, la drogue et l’esclavage.
Toutes ces petites histoires racontent la grande Histoire de la Réunion.Qu’est-ce qui, finalement, fait la richesse de cette île ? Ses paysages superbes, sa population qui sait vivre en harmonie ou encore ces choses indéfinissables, l’odeur des épices, les chants sacrés et le ressac de l’océan ?
Karl Ramassamy est en tout cas persuadé que le travail associatif et le tissu culturel jouent un rôle primordial pour maintenir cette richesse. Avec ce panorama d’un multiculturalisme réussi, Karl Ramassamy illustre parfaitement le nouveau slogan touristique de la Réunion : Une île, un monde.
Laura Bassetti
JANVIER 2008

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12 juillet

