A l’île de la Réunion, la communauté tamoule rend hommage à leurs déesses. Traditions ancestrales, les marches sur le feu, synonymes de purification de l’esprit et du corps, sont devenues au fil des années de véritables spectacles populaires.
Les marches sur le feu se déroulent chaque année aux quatre coins de l’île et dans la majorité des temples tamouls. Les cérémonies commencent au 1er janvier notamment du côté du célèbre Parc du Colosse de Saint-André. Ensuite, les marches sur le feu s’organisent à Sainte-Marie, Saint-Louis et Saint-Pierre dans le sud de l’île. (Voir dans l'agenda Runweb).
Cette tradition ancestrale est devenue non seulement grâce à l’ouverture d’esprit de la communauté tamoule mais aussi grâce à son aspect spectaculaire, une manifestation culturelle et très populaire. Cet évènement empreint d’une intensité spirituelle force le respect. S’il est possible de s’installer non loin du carré de braises, de prendre des photos, il est très important de respecter les différents gestes de chacun.
Le premier, et principal, acteur de cette cérémonie est le prête tamoul. Habillé d’une tunique couleur safran, il veille au bon déroulement de la cérémonie. Depuis la veille au soir, c’est lui qui a préparé le feu devenu braise devant les yeux du public.
Toute la journée, il passe régulièrement à proximité du tapis de braise ou « tikouli » pour l’arroser d’un mélange d’eau safranée et d’urine de vache. Depuis mi-décembre, le prête prépare aussi psychologiquement, pendant trois semaines de prières, les pénitents qui ont fait la promesse de marcher sur le feu.
Vers 17h, la procession arrive dans l’enclos réservé au marche sur le feu. Seuls la famille et les proches des pénitents, très fiers peuvent s’asseoir autour du carré de braises. Les pénitents font leur entrée.
Après une dernière prière aux quatre coins du tapis de braises, le prêtre ouvre la cérémonie et guide les pénitents ornés de leur lourd « carlon » faits de fleurs et de fruits. Il pèse plus de 40 kg. Tout le public retient son souffle. Le premier se lance dans le salut de la famille, fière. Les autres suivent en respectant le même rituel.
Après l’abolition de l’esclavage en 1848, les premiers engagés indiens, originaire du Tamil Nadu, introduisent les marches sur le feu à la Réunion. Ces cérémonies avaient lieu près des usines sucrières où travaillaient la main d’œuvre indienne.
Les marches sur le feu racontent l’histoire de Draupadi ou appelée aussi Pandalié. Avec les marches sur le feu, les pénitents honorent la promesse de Pandalié mais aussi les déesses Kâli et Mariamen. Pandalié devint la femme d’Aldunin (ou Arjuna) qui fut contraint de partager son épouse avec ses quatre frères.
Pandalié, pour prouver sa chasteté à chaque fois qu’elle changeait de mari, devait marcher sur le feu pour se purifier. Une façon de prouver sa fidélité et sa pureté à Aldunin (ou Arjuna).
Aujourd’hui, la marche sur le feu constitue un fort respect pour les aînés qui ont ouvert la voie. Celui qui se brûle ou traverse en courant n’a pas bien fait son carême et fera pénitence souvent publiquement.
Text es et photos : Veronique Tournier
Janvier 2008
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Expositions :
01 aout 30 septembre

